#Épuisement et Burnout… une vie sans emploi !


Tout au long de son existence, l’espèce humaine a connu peu de transitions dans sa vie laborieuse. La première s’est produite, il y a près de dix mille ans, lorsque les tribus nomades vivant de la chasse et de la cueillette se sont tournées vers l’agriculture. La seconde transition a commencé il y a quelques siècles à peine, avec l’avènement de la révolution industrielle. Aujourd’hui, nous vivons une troisième transition caractérisée par l’économie de l’information, par la mondialisation, la réorganisation des entreprises, les nouvelles technologies et philosophies de gestion, une diversité accrue de la population active et de plus fortes attentes de la part de celle-ci. Ces mutations se produisent de plus à une allure folle.

Il va sans dire que ces développements recèlent un grand potentiel de santé, de bien-être et de prospérité, mais il est aussi évident que certains d’entre eux produisent des effets secondaires sous forme de stress et de problèmes de santé liés au travail. Parlons de ce stress quand on est en dehors du marché de l’emploi, sans travail, sans statut social…

Une conséquence particulière du stress peut être, chez certains non travailleurs, l’épuisement non professionnel. L’individu est alors littéralement consumé par une exposition trop prolongée au stress. Il a des difficultés à séparer sa vie sociale et familiale. Le stress s’insinue lentement, de façon évolutive jusqu’à devenir une pathologie liée engendrant un désastre social. Le terme anglo-saxon burnout (syndrome), utilisé pour caractériser cet état, a été inspiré par une image très suggestive issue de l’industrie aérospatiale. En effet, le burnout désigne « la situation d’une fusée dont l’épuisement de carburant a pour résultante la surchauffe et le risque de bris de la machine ».

C’est quoi le Burnout ??!!

Parmi les modèles décrivant les effets du burn-out, le modèle «Attributional / environmental » est devenu une référence pour la recherche sur le phénomène de burn-out. Le burn-out est défini par Maslach et Jackson comme un processus multidimensionnel comprenant trois composantes principales :

1 – L’épuisement émotionnel. Dans un premier temps, le burnout se traduit par un état d’épuisement émotionnel caractérisé par une absence quasi-totale d’énergie. A ce stade, l’individu sent que ses réserves d’énergie sont complètement épuisées et qu’il n’est plus capable d’apporter son assistance à autrui sous quelle que forme que ce soit. Ce manque d’énergie est d’autant plus fort que l’individu pense qu’il n’y a aucun moyen à sa disposition pour « recharger ses batteries ».

Cette composante d’épuisement émotionnel représente la dimension stress du burnout.

2 – La dépersonnalisation. Le deuxième stade du burnout se traduit par un état de dépersonnalisation caractérisé par une attitude négative et détachée envers ses amis, relations ou connaissances qui finissent par être traités comme des objets. Ce détachement est souvent accompagné d’une perte d’idéalisme.

La composante de dépersonnalisation correspond à la composante interpersonnelle du phénomène de burnout.

3 – La réduction de l’accomplissement personnel. Finalement, le troisième et dernier stade comprend une diminution du sens de l’accomplissement personnel et de la réalisation de soi. A ce stade, l’individu va porter un regard particulièrement négatif et dévalorisant sur la plupart de ses accomplissements personnels. Cette forte sensation d’être inefficace peut aboutir à long terme sur un verdict d’échec, et les conséquences de cette sensation peuvent être particulièrement graves.

La composante de diminution du sens de l’accomplissement représente la dimension d’autoévaluation du burnout.

Suis-je en plein burnout ?

J’ai connu quatre stades….

1 – L’enthousiasme. Au cours du premier stade j’ai fait l’expérience d’un fort enthousiasme se traduisant par une tendance à se rendre disponible de façon excessive et à avoir des attentes irréalistes concernant ma recherche de travail.

2 – La stagnation. Dans le second stade, j’ai développé un sens de stagnation dans lequel mes objectifs professionnelles sont devenus plus réalistes et un certain mécontentement personnel a commencé à faire surface.

3 – La frustration. Au cours du troisième stade un sentiment de frustration est apparu, les difficultés semblaient se multiplier, j’ai commencé à remettre en question mes compétences, je me suis ennuyée, je suis devenue intolérante, moins à l’écoute des autres… j’ai préféré fuir et éviter les rencontres…

4 – L’apathie. Finalement, j’en suis arrivée au stade de l’apathie caractérisé par un état de dépression et d’indifférence en réponse aux frustrations répétitives auxquelles je me suis trouvée confrontée.

Ce quatrième stade représente l’essence même du phénomène de burnout.

Je le suis…..


Forme exacerbée de stress chronique, le burnout frappe un nombre grandissant de personnes. Repéré outre-Atlantique dans le milieu des années 70, il s’est détaché de ses racines nord-américaines pour devenir un phénomène partout reconnu par chercheurs et praticiens.

Aujourd’hui, et particulièrement en France, l’épuisement des demandeurs d’emploi n’est pas suffisamment pris au sérieux, en tout cas beaucoup moins que les autres risques (accidents du travail…). Comme il se développe progressivement, érode lentement les capacités de l’individu, il est moins visible que les dangers plus immédiats. Avant que des avancées significatives soient effectués dans le domaine de la prévention du burnout, encore faut-il que ce phénomène soit reconnu…

 

9 Commentaires

  1. Mossieur R.

    J’ai connu ce que tu décris durant 2 mois en 2006, épuisé, tétanisé, incapable de me remotiver. J’ai aussi ressenti, ce que tu ne décris pas, « la culpabilisation » par rapport à soi même et son entourage. Le pire dans cette logique implacable, étant peut-être qu’on se sent responsable de ce que l’on subit.
    L’image qu’on me donnait à l’époque, était que lorsqu’on touche le fond de la piscine, on peut y trouver le point d’appui pour le pied, qui donne l’impulsion permettant de « remonter à la surface ». Tôt ou tard ce moment survient. mais ce que ne comprennnent pas ceux qui cherchent à vous aider en annonçant la remontée prochaine, c’est que SOI MEME, on sent qu’on n’en finit pas de descendre, et on n’a pas DU TOUT le sentiment que le fond de la piscine est proche, et proche le moment de l’impulsion salvatrice… Je sais cela. C’est pourquoi je ne te parlerai pas du fond de la piscine, mais te redirai juste à quel point je considère comme un gâchis, et une preuve de l’imbécillité de ce monde, qu’une personne aussi douée que toi puisse peiner à trouver sa place dans le monde. Garde courage, et ménage toi. je pense à toi.
    H.

    • On finit par douter de ses talents et on en vient à les dévaloriser… Cette société est usante… Je vais m’isoler avec mon argile, ma terre, sans téléphone ni mac… et vivre avec ma passion jusqu’à plus soif…

      • Mossieur R.

        Je vais m’isoler avec mon argile, ma terre, sans téléphone ni mac… je ne suis pas certain que ce soit « la bonne » réponse, à cause des deux mots « isoler » et « sans », qui sont négatifs: il faudrait les retourner en positif, retrouver le plaisir de la créativité. Pour autant, trop de solitude je t’assure, n’est pas si bonne conseillère… Enfin, c’est ce que je crois.

  2. Pingback: #Bonsoir, je m’appelle Cécile et je suis chômeuse… | Maven je suis, Maven je serai...

  3. Pingback: #Bonsoir, je m’appelle Cécile et je suis chômeuse… | Résistance Inventerre

  4. Aude SELLY

    J’ai été victime d’un burnout professionnel à un stade grave (jai fait une tentaive de suicide) aujourdh’ui, je suis suivie par des medecins et la medication et bien sûr un arrêt de travail depuis un an.
    Si vous voulez en savoir plus sur le burnout, j’ai ecrit un livre qui est sorti le 23 ami. Lisez le et peut-être trouverez vous la force de vous en sortir vous aussi.
    http://livre.fnac.com/a5554114/Aude-Selly-Quand-le-travail-vous-tue

    • Merci Aude, pardon pour cette réponse tardive. Je me ferais un plaisir de parcourir votre livre, merci de le mentionner🙂
      C’est difficile de vivre de tels moments et c’est si peu reconnu…

  5. dominque liegeois

    bonjour
    en arrêt maladie depuis le 20 juillet 2008 suite à un accident de roulage avec entorse cervicale j’ai développé une fibromyalgie, je travaillais comme secrétaire en unité de soins, j’ai fait deux bunr out et j’ai l’impression d’en refaire un est ce possible ?
    merci à vous
    bonne journée
    Dominique

    • Bonjour Dominique
      Je ne suis pas médecin et je ne pourrais pas vous apporter de conseils éclairés mais c’est possible je pense de retomber… vous vivez des choses difficiles et en plus dans la douleur… souffrir au quotidien rend l’existence lourde et il y a de quoi perdre pieds😦
      Prenez soin de vous, c’est important, devenez un peu « égoïste » et donnez-vous ce dont vous avez besoin pour vous sentir mieux… n’hésitez pas non plus à vous faire aider….C’est facile à dire , pas simple à réaliser, j’en ai conscience.. ce qui m’a aidé, c’est de trouver une activité artistique qui m’a donné la possibilité de m’exprimer ainsi qu’une activité sportive qui me fait un bien fou… c’est une façon de donner un sens à sa vie…. c’est ce qui manque le plus dans de tels moments.
      Je vous souhaite plein de courage Dominique
      À très vite
      Cécile

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :