#Mauvaise nouvelle…

Suis-je atypique ?

  • Hervé : il me reconnait
  • Jacques : il ne me comprend pas ou plus, me trouve insolente même…
  • Franck : il ne comprend pas pourquoi « je ne me bouge pas plus le cul », je l’énerve un peu…
  • Emmanuel : il me qualifie d’instable
  • Olivier : je suis invivable, une chieuse
  • Béatrice : elle me lit parfois
  • Erick : Il m’aime bien depuis 14 ans, malgré tout
  • Charles : il attend de voir
  • Stephan, Alexis, Jean-Francois, Marc, Eric, Laurent : je les intrigue
  • Renaud, Stéphane, Bruno : ils m’ont quitté
  • Arnaud : il ne m’écoute plus et m’impose de réagir
  • et les autres…. Antoine, qu’en pense-t-il ?

Je vais passer le test « WAIS » : très haut niveau de ressources intellectuelles, une intelligence hors normes, d’immenses capacité de compréhension, d’analyse, de mémorisation et une sensibilité, une émotivité, une réceptivité affective, une perception des 5 sens, une clairvoyance dont l’ampleur et l’intensité envahissent le champ de la pensée. L’émotion au bord des lèvres, toujours, la pensée aux frontières de l’infini, tout le temps. Une façon d’être au monde qui colore l’ensemble de la personnalité.

D’après lui.. je serais un zèbre, victime de surdouance… ce n’est ni une chance insolente, ni une bénédiction des Dieux, ni un don privilégié, ni une surintelligente enviable. J’ai une personnalité singulière aux multiples ressources intellectuelles et affectives mais je n’ai pu en faire une force car cela n’aurait jamais été détecté, jamais dépisté, jamais diagnostiqué. L’ignorer, c’est passer à côté de soi-même, passer sa vie avec un profond sentiment de manque et d’incomplétude. Une personnalité construite de façon bancale, sur des renoncements et des blessures, sur des croyances erronées sur soi et sur le monde, sur des mécanismes rigides dressées pour se protéger de son intense vulnérabilité. Chaotique, inconfortable, sinueux, un parcours de vie souvent bien troublé. Un adulte en errance dont le problème central tient de l’ignorance de ce qu’il est.

Les premières déceptions

Une scolarité acharnée mais difficile : face à un énoncé, à une consigne, à un problème, je ne comprenais pas ce qu’on me demandait. Ma forme de pensée singulière (distincte de celle de l’élève ordinaire qui a intégré depuis longtemps le savoir-faire scolaire), m’entrainait dans un décodage parallèle, différent ou encore au delà de la question posée. Alors bien sûre, je répondais à côté, je faisais un hors sujet ou rendait copie blanche, convaincue que je ne savais pas faire. J’échouais. Les reproches étaient vécues comme des attaques injustifiées qui blessent l’image que l’on a de soi-même comme la confiance que l’on témoigne des adultes. Ne pas y arriver sans pouvoir expliquer la nature de ses difficultés, la difficulté d’avoir accès à ses stratégies de pensées, ne pas pouvoir justifier une réponse, même juste, ne pas savoir argumenter, développer un raisonnement, structurer ses idées… autant de pièges d’un fonctionnement intellectuel atypique… le découragement recouvre petit à petit la bonne volonté initiale et la conviction d’être nulle et incapable… conséquences multiples sur l’équilibre psychologique, le comportement et l’image de soi, l’effondrement narcissique, l’ennui…

La difficile rencontre avec les autres

Je mettais mon mal de vivre sur des différences de sensibilité… je me sentais « artiste » dans l’âme donc différente… mais j’avais juste du mal à trouver chez les autres des repères identificatoires, je me sentais pareille et pourtant si différente, souvent je ne comprenais pas la réaction ou l’attitude des autres, je me sentais décalée même quand j’étais parfaitement intégrée… Je me rassurais en me disant que je n’avais pas atterri sur la bonne planète🙂 et me réfugiais dans les valeurs du Petit Prince… un isolement forcé, un authentique sentiment d’étrangeté… Je voulais juste être comme les autres, me sentir existée et acceptée. Je ne voulais plus de cette différence, une différence qui dérangeait et perturbait le sentiment d’identité.

Une mauvaise gestion des émotions

Et puis cette émotion débordante, on ressent si fort, y compris les émotions des autres, on devient d’une perméabilité à l’environnement qui conduit à des réactions, des comportements, qui peuvent apparaître démesurés, inadaptés et très étranges… Des larmes soudaines, des colères violentes, des peurs incompréhensibles, une turbulence émotionnelle, un sens exacerbé de la justice.

L’impossible certitude

Ce matin, on m’a expliqué ma forme de pensée : toujours en marche, aux associations multiples, qui m’entraîne toujours plus loin dans les questions et les nouvelles hypothèses, empêchant toute possibilité d’obtenir des réponses précises et univoques. Chaque nouvelle réponse entraine une nouvelle question. Le doute est permanent et sur tous les sujets, du plus intime au plus extérieur. Ce mode de fonctionnement entraîne une forte problématique autour du choix. Comment choisir quand tant de possibilité existent ? Quand on ne peut jamais s’arrêter avec sérénité sur une certitude ? Et pourquoi choisir ceci ou plutôt cela puisque tout peut toujours être remis en question ? Choisir, c’est renoncer… On comprend comment l’intelligence est anxiogène lorsque l’on ne peut jamais s’arrêter de penser.

Une lucidité exacerbée sur le monde et sur les autres rend difficile la sérénité intérieure

Le moindre détail, en particulier affectif, prend des proportions démesurées, une ampleur considérable et souvent ingérable émotionnellement. La susceptibilité affective, la vulnérabilité à la critique qui fragilise, on ne sait pas mettre de distance. Lucidité amplifiée par une capacité d’analyse intellectuelle d’une extrême finesse dont aucune des données n’aura été omise. Combien de fois j’ai souhaité être « conne » et ne plus penser.

Une lucidité impitoyable sur soi

Être lucide sur les autres, c’est d’abord être lucide sur soi. On s’auto-analyse sans aucune concession et on perçoit chacune de nos failles, de nos limites, de nos plus petits défauts. La conquête narcissique nous est ainsi plus difficile. On porte sur nous-même un regard impitoyable et on a du mal à s’aimer. Une lucidité comme frein à l’identification.

Il est parfois difficile de ne pas vivre les choses tout simplement sans cette constante nécessité de tout analyser et percevoir dans les moindres détails.

Trouble de l’estime de soi

Tantôt convaincue que je pouvais tout accomplir, puis brusquement accablée par un sentiment profond de nullité, particulièrement valorisée pour certaines de mes réussites puis soudain violemment attaquée sur un échec imprévisible, une visibilité sur moi même bien troublée… Nulle ? Douée ? Capable ? Incompétente ? Comment me retrouver dans cette mosaïque d’images fragmentées et contradictoires ?

Perfectionniste, solitaire, peureuse, manque de confiance, la pensée au bord du gouffre, se sentir coupable de ressentir, de ne pas réussir, le sentiment d’incomplétude, l’insatisfaction chronique, l’ennui existentiel, au quotidien, hyperactive, désinvestie, instabilité amoureuse, l’ambivalence, l’envie de stopper sa pensée, une hypersensibilité envahissante, l’empathie, un engagement absolu, à la recherche d’un monde idéal perdu, l’hyperconscientisation, la rigidité de pensée, ne jamais lâcher, une vie en pointillé, l’impossible Carpe Diem, l’autocritique, capacité à rebondir ou à sombrer, créative, la douleur de vivre….

Je serais, selon lui, un « drôle de zèbre »… tellement différente tout en étant pareille… une adulte « rayée », des zébrures comme les coups de griffe que la vie m’a donné. Ce qui peut changer aujourd’hui ? pas ma vie, mais ma liberté… peut-être encore plus que la liberté, la libération… m’autoriser à être ce que je suis… ne plus être prisonnière de ma vie, cesser d’être en décalage, retrouver la possibilité de faire des choix, de penser ma vie, de me comprendre, d’évaluer mes vraies envies, mes réels besoins… une lumière sur ce qui je suis vraiment… Je fonctionnais pas trop mal mais la visibilité était brouillée… je pensais que c’était ma voix qui s’exprimait alors que c’était une construction de moi-même…. fini cette personnalité en « faux-self », une personnalité construite pour étouffer ce que je suis. Je fus jusqu’ici conforme aux désirs des autres, Cela me permettait d’être aimée. C’est quelque fois confortable. Mais ce n’était pas ma nature profonde qui, étouffée, ne parvenait plus à s’exprimer. Une nature qui gronde parfois et me déstabilise. Car on ne sait pas d’où vient cette force soudaine et violente. Imprévisible. Alors, on utilise une grande énergie pour qu’elle reste, et cette énergie n’est plus utilisable pour autre chose. On « pompe » notre énergie à maintenir notre personnalité d' »apparat ». Construction épuisante et de tous les instants.
Je vais peut-être enfin « rentrée chez moi après de longues années d’errance ». Je dois le faire ce test.

C’est quand même con toute cette vie perdue… je me suis « trompée », mais il reste la moitié…

Sources d’information et d’explication : Le livre de Jeanne Siaud-Facchin « Trop intelligent pour être heureux »

3 Commentaires

  1. Tiens pas de Vincent.😉 Je taquine mon amie Cécile. Bon il faut dire que Vincent ce n’est pas un zèbre mais c’est un spécimen encore moins définissable, humour autodérision que j’affectionne pour garder les pieds sur Terre en ayant la tête dans les étoiles. L’essentiel, c’est de s’en rendre compte, peu importe à quel moment, et d’apprécier à sa juste valeur cette capacité. Vis à vis des autres, je pense qu’il faut leur dire cache les choses. Ca permet ainsi de faire un tri sélectif : ceux qui comprennent et soutiennent, ceux qui comprennent et ceux qui s’en foutent.

  2. Je ne suis pas le Emmanuel sité en référence…Moi je trouve ça plutôt une bonne nouvelle et j’ai toujours vu senti, cet être là celui qui est différent, pourquoi? sans doute que je le suis aussi et alors étonnant non ? Welcome home❤

  3. Je ne suis pas pour info l’Emmanuel cité en référence…En début de texte
    mon commentaire s’est déplacé sur Emois…

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