#Doit-on inviter un anthropophage à sa table ?

Noël est toujours l’occasion de réunir ses proches, sa famille, les gens qu’on aime mais les aimer ne signifie pas nécessairement « être du même monde ». Alors, si un proche était anthropophage, pour le dîner, l’inviteriez-vous à votre table ?  Ce sujet reflète une question très importante dans notre société actuelle, celle de la différence de culture entre les hommes, et l’acceptation ou non de cette différence. Doit-on tout accepter d’une culture radicalement différente de la sienne ? 

La liberté des cultures

Chaque civilisation s’est construite sur des principes qu’elle croyait justes, ce qui ne peut être jugé : la construction de l’homme s’est tout d’abord faite instinctivement, et, selon les théories de l’évolution de Darwin, si on peut prouver que si à un moment donné l’homme s’est séparé en différentes ethnies vivant dans des conditions différentes, on peut dès lors admettre l’idée que l’évolution des pensées, et donc de la culture, a été différente.

Parlons de l’ethnocentrisme — qui consiste à privilégier les notions et les valeurs du groupe ethnique auquel on appartient — pour moi, cela doit être condamné, car cela sous-entend la perfection d’une culture par rapport à une autre, ce qui est absolument faux ; même si on peut classer les civilisations selon certains critères, comme le développement de la technique, ou encore la proximité avec la nature, on ne peut classer globalement les civilisations. De plus, l’ethnocentrisme implique une absence de réflexion personnelle sur ses propres pratiques culturelles. Vous remarquerez dans vos prochains échanges que la plupart des gens sont malheureusement tous un peu partisans de l’ethnocentrisme ce qui provoque souvent des disputes à noël….

Aujourd’hui, on remarque que le monde qui nous entoure a tendance à vouloir promouvoir une seule et même culture. Par exemple, on peut trouver de nombreux exemples dans la liberté politique des Nations ; ainsi, on voit la volonté de promouvoir la démocratie dans le monde, même si un régime autoritaire peut respecter les droits des individus.

Doit-on cependant accepter tout et n’importe quoi au nom du relativisme culturel ? Existe-t-il des critères universels de jugement d’une civilisation ? Si oui, ces critères peuvent-ils condamner une caractéristique d’une culture comme l’anthropophagie ? Oui ! la question reste en suspend ! Inviteriez-vous un anthropophage à dîner ?

Les droits fondamentaux de l’homme

Tous les humains peuvent se reproduire entre eux, et engendrer des enfants qui eux aussi seront féconds : telle est la preuve que l’humain est une espèce unique. Si c’est une espèce unique, il conviendrait de dire que les humains sont soumis à des lois universelles qui sont premièrement d’ordre naturel – manger, boire, dormir – mais aussi de lois universelles d’ordre humain, comme la liberté ou l’égalité. 

Il est cependant nécessaire de noter que l’application de droits universels de l’homme au niveau international est très difficile : on peut imposer à un pays de façon internationale des lois qu’il ne veut pas ratifier.

Critiquer une autre culture que la nôtre peut donc se faire sans comparaison avec notre propre culture, mais avec des critères universels. Cependant, il est nécessaire de considérer que ces droits fondamentaux n’ont pas pour but de promouvoir une culture en particulier.

Les limites des jugements culturels

Même si la création de critères universels pouvant critiquer une culture sur certains aspects, il est nécessaire de permettre à toutes les cultures de s’exprimer librement dans les limites des dits critères. 

La richesse de l’espèce humaine est d’avoir réussi à se séparer du sein de la nature et de s’être créée un monde « à lui » où ses propres règles permettent le bon fonctionnement de la société. Il est donc intéressant, d’un point de vue scientifique, historique et philosophique de savoir d’où sont issues les différences de cultures entre les hommes. L’universalisme, qui consiste à vouloir promouvoir une unique culture qui s’appliquerait à tous les hommes, entraînerait donc une banalité de l’être humain.

Nous avons vu qu’il est nécessaire de ponctuer son approche de la différence culturelle et de l’acceptation de celle-ci : nous avons admis qu’il était nécessaire d’accepter la différence culturelle, sans jugement personnel ayant pour source sa culture propre : il est nécessaire de bannir l’ethnocentrisme, qui reflète seulement un manque d’ouverture intellectuelle de la part de la personne. Aujourd’hui les mouvements culturels sont plutôt au partage et à l’acculturation produits par la mondialisation, qui aujourd’hui modifie de façon intégrale toutes les cultures concernées par le monde moderne.

Nous avons cependant remarqué qu’il existe des critères universels de jugement et que ces critères sont basés sur l’égalité des humains en tant que même espèce évoluant dans un monde qui est relativement similaire pour toutes les populations. Ces critères sont majoritairement dus à la philosophie des Lumières, qui veut promouvoir l’égalité et la liberté des hommes. Cependant, on a aussi remarqué que l’application de droits fondamentaux était particulièrement difficile à l’échelle des Nations dans un monde qui accepte peu l’ingérence étrangère au nom de la souveraineté nationale.

Finalement, il était dangereux d’utiliser des critères universels afin de créer un monde uniculturel, où seule une vision des choses prévaudrait. Il est nécessaire dès lors de se protéger de l’universalisme et au plus possible, de l’assimilation de certaines cultures par des individus venant d’une autre culture. Finalement, on a montré que le cannibalisme était une pratique culturelle condamnable du fait du non-respect de l’intégrité humaine de l’individu cuisiné par l’anthropophage. Cependant, je pense, qui serait tout à fait possible, d’inviter à sa table un anthropophage, à la condition que celui-ci soit omnivore et ne se nourrit pas que de chair humaine, et à condition que ce dit convive soit aimable, afin que le repas se déroule de façon agréable.

On ne peut pas tout accepter d’une culture radicalement différente de la nôtre car cette culture peut ne pas avoir les mêmes principes fondamentaux que le monde a aujourd’hui admis comme universels – un exemple parmi tant d’autres : le droit à l’intégrité physique — et dont le non-respect paraît choquant. Cependant, chacune des cultures a d’autres nombreuses caractéristiques qui ne sont pas concernées par les droits fondamentaux de l’être humain, et il convient d’accepter dès lors tous ces traits.

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