Impasse de l’avenir…

Impasse de l’avenir…

La quille approche, j’espère, je ronge mon frein. Dans une piaule sans travail, coincée sous les ordres, témoin d’horreur, on ne vit pas. On se prépare, on s’exerce, on observe comme un boxeur avant son grand combat, parfois désespéré, surtout terrorisé. Mais comment combattre ? Demain, il faudra se réadapter au monde civil, oublier progressivement les « réflexes » de piaule. Quel grand soleil il y a dehors ? L’air retrouve sans doute ses odeurs de terre, d’herbes et de pins. Je ne le sens pas.
– Vous luttez !?
– Oui je lutte !
– Oh ! petite âme, gardez ce courage, cette volonté d’agir encore quelques mois, il n’y a que comme cela que vous trouverez cette force de vivre ! Et puis là-bas, il y a le soleil, la chaleur de l’été italien ; la mer, les visages des gens différents qui, peut être, regardent la paix et la liberté presque en face…

Il faut voir cela, être témoin de ce qui se passe de beau et de juste ailleurs, mais aussi d’injuste et de lâche. Il faut continuer à lutter, garder bien précieusement son courage, écarter le « doute » des gens. Ils ne savent pas ce qui se passe dans mon coeur, encore moins entre ses quatre murs, ils me regardent trop avec les yeux de la « raison ». Si je garde confiance, je réussirais, malgré l’épreuve, surtout à cause de cet nouvelle épreuve. Un avenir n’est rien s’il n’exerce ses forces, s’il reste là, en plan, avec son cafard morbide. Je ne veux pas que mon âme s’effrite dans le bruit, les coups et les nerfs. Elle est saine, elle a besoin de grand air et d’espace. Je ne veux plus vivre comme un rat ou un pantin. Ce qui empêche tout… avec ce sentiment de tout résoudre. Je veux rester vivante et généreuse….

J’ai compris mon degré d’acharnement, la volonté qui m’animent lorsque je souhaite une chose, qui animent tous mes actes et toutes mes pensées que mon manque de confiance vient toujours flinguer. Alors je sautille dans le vie. Ces derniers temps, mon incertitude me déroutait terriblement. J’en arrivais à des hypothèses, complètement faussées, auxquelles je finissais par croire et qui m’empêchaient de bien tout comprendre. Je souhaite me réveiller demain avec un grand espoir dans le coeur, un espoir calme et fort, qui me donnerait le désir d’agir et de me battre pour eux, au nom de moi ; pour me voir heureuse, pour redécouvrir mon rire… Je sais que seul le travail et la volonté d’aboutir mènent à ce qui semble parfois irréalisable (mis à part, bien sûre, l’amour, qui décide de tout). Il me vient au coeur une émotion que je n’avais jamais ressentie jusqu’à présent, une sorte d’apaisement mêlé de peur, d’espoir solide, rien ne me parait plus impossible même si tout est encore trop incertain.

– Hé ! Arrête de te plaindre !
– Je t’emmerde ! Tu ne sais rien de moi, de ma vie, de mes luttes, de mes larmes, de mes espoirs, de mes désespoirs !
– Alors agis ! Bouge ! Réagis !
– Je suis une « faible » !!! Je n’ai donc, par conséquent, jamais de « réactions », je « subis » avec indifférence, puisque je n’ai pas de « volonté »… N’EST-CE PAS ???? Faudrait-il retrouver la confiance qu’il ma bouffé pour agir pour soi, pour eux sans avoir peur, tu ne sais pas ce que c’est toi la vraie peur..
– Si, j’ai peur moi aussi
– Tu ne peux pas la connaître celle-ci, celle du malade en liberté…. Et puis il faut de l’amour… C’est absurde de prétendre exister sans amour !!! absurde ! Il n’y a pas plusieurs sortes d’amours, ce n’est pas vrai ! Ou alors on ne peut pas leur donner ce nom. Il y a l’AMOUR qu’on VEUT, qu’on a toujours espéré, qu’on a souhaité du plus profond de son être, et lorsqu’on s’est brûlé à son soleil, la VRAIE LÂCHETE serait alors de l’exclure de soit.
– Tu dis n’importe quoi
– J’oubliais ! Il faut être tout sourire ! Faire croire ! Et bien ça me fait chier ! Ne crois pas que tout aille sur des « roses » pour moi et que je sois inconsciente des réalités de la vie ! des responsabilités de l’homme vis à vis de ses semblables ! … Toi ! Tu sors, tu es libre, tu peux parler aux êtres épris du même idéal que toi. Mais… imagine-toi vivre 24h/24 avec des angoisses ! sous les ordres de ce type grossier, sans scrupule, avec la misère des rues, des gosses… qui vous poignent le coeur, vivre sous la férule d’un système qu’on hait et ne pouvoir rien !.. Je vous jure que ce n’est pas facile et qu’il faut parfois bien de la volonté pour défendre ses opinions, ne pas finir par se « laisser avoir » à la longue par sa solitude ! Et se taire…
– Tu dis n’importe quoi
– Je t’emmerde.. Tu ne sais pas….

Je me sens lourde de tout cet avenir. Après la quille, quitter ces murs, repartir à Zéro… Même avec des tas d’idées dans la tête, tant qu’on a rien matérialisé, c’est du vide. Il y a peu de gens vraiment purs et solides, tellement de tricheurs, de futurs ratés, de cons, d’arrivistes avec de la haine plein le coeur, pour ceux qui ne pensent et n’agissent pas comme eux, de mesquineries qui blessent et découragent les talents réels. Faut être costaud pour soulever toute cette merde, passer dessus ou dessous, et se secouer les épaules un bon coup pour s’en débarrasser. La force, c’est de ne jamais s’écrouler, pas même une seconde ; on n’en a pas le droit, ni le temps. Quand on avance, c’est jusqu’à ce que la mort vous tue, vous tue en pleine bagarre. Mais ça, ce n’est encore que des mots, il faut les porter, ces mots, à bout de bras, jusqu’à ce que les bras puissent se passer d’eux… et puis…. croire….

© Cécile Missir

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